Qui a vraiment donné naissance à Microsoft ? Comment deux copains de lycée ont-ils, à vingt ans à peine, posé les fondations d’un colosse du numérique ? Derrière l’image, un brin romancée, d’un Bill Gates seul maître à bord se cache l’histoire d’un binôme : Paul Allen et lui, deux personnalités très différentes mais parfaitement accordées.
Au fil des lignes qui suivent, vous allez découvrir les visages de ces deux cofondateurs, comprendre comment ils ont réparti les tâches, décrypter leurs choix décisifs (l’aventure Altair BASIC, le deal avec IBM, la conquête de Windows) et mesurer l’empreinte qu’ils ont laissée, aussi bien sur la tech que sur la philanthropie.
Les deux cofondateurs de Microsoft en bref
Bill Gates : le stratège obsédé par le logiciel
Bill Gates, de son vrai nom William Henry Gates III, voit le jour le 28 octobre 1955 à Seattle. Très tôt, il révèle un mélange rare : aimer le code et flairer le business. À la Lakeside School, il passe plus de temps à pianoter sur les terminaux qu’à jouer au foot. Puis vient Harvard, qu’il quittera en 1975 pour se lancer à plein temps dans l’aventure Microsoft.
Son empreinte dans la création de la société tient en trois points majeurs :
- Le négociateur : c’est lui qui arrache les contrats cruciaux, dont celui avec IBM, et qui peaufine l’art de la licence logicielle.
- Le chef produit : MS-DOS d’abord, Windows ensuite, il fixe les cap et les échéances.
- Le manager exigeant : il impose un rythme intense et une culture de la performance qui deviendront la marque de fabrique de Microsoft.
Public chouchou des médias, Gates impose l’idée que le cœur de la révolution numérique battra du côté du logiciel. Pari tenu : il deviendra l’un des hommes les plus riches de la planète.
Paul Allen : l’ingénieur chasseur d’occasions
Né le 21 janvier 1953, toujours à Seattle, Paul Allen plonge dans la culture « hacker » avant même que le mot n’entre dans le dictionnaire. Après un passage éclair à la Washington State University, il file chez Honeywell… jusqu’au jour où il tombe sur la photo bleutée d’un Altair 8800 en couverture de Popular Electronics. Révélation : l’ordinateur personnel est pour bientôt.
Dans le tandem, Allen apporte :
- L’antenne technique : il sent le potentiel des micro-ordinateurs avant la concurrence.
- Le flair : il pousse Gates à foncer sur l’Altair – sans lui, pas de Microsoft en 1975.
- Le code : il signe l’essentiel de l’implémentation du premier Altair BASIC.
En clair, Allen repère la vague ; Gates construit la planche. Sans l’un, l’autre n’aurait pas surfé bien loin.
Pourquoi l’alchimie a-t-elle pris ?
Vous vous demandez toujours comment deux adolescents se sont transformés en cofondateurs de Microsoft ? Tout repose sur leur complémentarité : Allen maîtrise la technologie et pressent l’avenir, Gates transforme cette vision en modèle économique solide. L’un sans l’autre, l’aventure se serait probablement arrêtée avant même d’avoir commencé.
Genèse de Microsoft : de l’Altair 8800 aux premiers contrats
1975 : coup de foudre pour le micro-ordinateur Altair
Janvier 1975. Paul Allen feuillette Popular Electronics et tombe sur l’Altair 8800. Pour lui, c’est la preuve que l’ordinateur va quitter les laboratoires pour s’installer sur les bureaux. Il fonce à Harvard, brandit le magazine devant Gates : « Regarde, c’est notre chance ! »
Les deux compères appellent aussitôt MITS, le fabricant de l’Altair, en affirmant qu’ils disposent déjà d’un BASIC prêt à l’emploi… Ce n’est pas vrai, mais ils s’empressent de coder jour et nuit pour que le mensonge devienne réalité. Quelques semaines plus tard, démo chez MITS : le programme tourne du premier coup. Contrat signé.
Albuquerque, Nouveau-Mexique : un départ façon garage
Le 4 avril 1975, à Albuquerque, naît officiellement Micro-Soft – le trait d’union disparaîtra plus tard. Le choix de cette ville du désert tient surtout à la proximité de MITS, leur premier client.
Les premiers mois ressemblent à un montage de bobine super 8 : effectif minuscule, nuits blanches, café froid, et un unique credo : livrer le meilleur BASIC du marché. Dans cette fournaise naît la culture Microsoft : exigence drastique, obsession du produit, œil rivé sur le business.
Le BASIC, premier produit culte
L’Altair BASIC n’est pas qu’un programme ; il marque la prise de pouvoir du logiciel. Pour la première fois, on commercialise un code séparément du matériel, et on le distribue sous licence plutôt qu’en cédant la propriété. Ce modèle va irriguer tout le secteur, jusqu’à MS-DOS puis Windows.
Bill Gates après la cofondation
Le coup de maître : décrocher IBM
Début des années 1980. IBM veut lancer son PC. Gates réussit un double exploit : décrocher l’affaire et conserver les droits du système d’exploitation. Il rachète à une petite société son QDOS, le rebaptise MS-DOS, et facture des licences à IBM… puis à tous les autres fabricants. Résultat : le logiciel de Microsoft devient le standard, et la courbe de sa fortune s’envole.
Cap sur Windows et la domination planétaire
Puis arrive l’ère graphique. Inspiré par ce qu’il a vu au Xerox PARC et chez Apple, Gates lance Windows. Quelques jalons : la popularisation de Windows 3.x, le raz-de-marée Windows 95 et l’intégration musclée d’Internet Explorer, qui vaudra à la firme quelques déboires antitrust. Quoi qu’il en soit, Microsoft devient le symbole même de la société de logiciels dominante, avec Windows et Office comme piliers.
De la fortune au grand mécénat
D’où vient l’immense richesse de Bill Gates ? D’abord de ses parts massives dans Microsoft, multipliées par les succès boursiers des années 1990. Peu à peu, il s’écarte de la direction : il passe le relais comme CEO en 2000, quitte la présidence du conseil en 2014 puis le board en 2020.
Libre de son temps, il investit son énergie – et une bonne part de son patrimoine – dans la Bill & Melinda Gates Foundation. Santé mondiale, lutte contre les pandémies, éducation ou climat : le milliardaire s’efforce de réorienter sa capacité d’influence vers des causes à impact planétaire.
Paul Allen, un parcours hors des radars
Les débuts chez Microsoft jusqu’en 1983
Si Microsoft existe, c’est bien parce que Paul Allen a flairé l’avenir du PC. Pendant les premières années, il code les versions successives de BASIC, discute architecture, et pousse l’entreprise vers les micro-ordinateurs plutôt que les gros systèmes.
En 1982, coup dur : on lui diagnostique une maladie de Hodgkin. L’urgence de se soigner, additionnée à des tensions internes (il racontera avoir entendu Gates et Steve Ballmer discuter d’une dilution de sa participation), le conduit à quitter le quotidien de Microsoft en 1983. Il conservera ses actions et restera au conseil jusqu’en 2000.
Vulcan Inc., sports et ciel étoilé
Loin des bureaux de Redmond, Allen fonde Vulcan Inc. pour gérer ses investissements. Tout l’intéresse : l’immobilier, les médias, la recherche médicale, l’aérospatial. Il rachète aussi les Seattle Seahawks et les Portland Trail Blazers, savourant le sport autant que le code.
Son amour de l’aviation le pousse à soutenir SpaceShipOne, premier engin suborbital commercial, puis le gigantesque Stratolaunch destiné à mettre des fusées en orbite basse.
Disparition et legs philanthropique
Le 15 octobre 2018, Paul Allen s’éteint à Seattle, victime d’un lymphome non hodgkinien récidivant. Il avait 65 ans. Il laisse derrière lui des centres de recherche en neurosciences, des dons massifs contre Ebola, des projets de protection des océans et un soutien constant aux arts. Sa générosité est immense, bien que moins médiatisée que celle de son ancien partenaire.
Comment Microsoft a redéfini l’économie du logiciel
Le basculement vers la licence
À eux deux, Gates et Allen ont installé l’idée que le logiciel était un produit en soi. Le principe de la licence plutôt que de la vente définitive, la standardisation de MS-DOS puis de Windows et la montée en puissance de la propriété intellectuelle ont bousculé la filière entière. Là où Apple misait sur l’intégration matériel-logiciel et où Google allait plus tard parier sur la donnée et la publicité, Microsoft a imposé le logiciel comme actif stratégique.
Une culture d’entreprise devenue référence – et parfois repoussoir
La « culture Microsoft », c’est l’exigence, la mesure permanente de la performance, la volonté de dominer le marché. Avec l’arrivée de Steve Ballmer au poste de CEO en 2000, cette approche reste musclée, même si elle s’oriente davantage vers l’expansion de Windows, Office ou, plus tard, Azure.
Et Ballmer dans tout ça ? Embauché en 1980, il reçoit un paquet d’actions significatif. La flambée du titre en Bourse suffit à le faire entrer au club très fermé des milliardaires, bien avant la fin de son mandat de PDG.
Ce que les entrepreneurs peuvent retenir
L’aventure Microsoft délivre plusieurs messages : associer un « tech » visionnaire à un stratège commercial, se placer très tôt sur la bonne rupture, penser l’écosystème et la standardisation, et surtout exécuter plus vite que les autres – le développement éclair d’Altair BASIC en reste la preuve éclatante.
FAQ : les questions qui reviennent souvent
Qui a cofondé Microsoft Pix ?
Microsoft Pix n’est pas une start-up indépendante ; c’est une application de caméra développée en interne par Microsoft Research. Elle illustre la continuité de l’esprit d’innovation inscrit par Gates et Allen, cette fois au service de l’intelligence artificielle et du traitement d’image.
Pourquoi Steve Ballmer est-il milliardaire ?
La réponse tient en un mot : actions. Arrivé très tôt chez Microsoft, Ballmer a reçu un pourcentage du capital. L’envolée boursière de l’entreprise dans les années 1990 et 2000 a fait le reste, bien plus que ses salaires de dirigeant.
Quel rôle Bill Gates joue-t-il encore chez Microsoft ?
Aucun rôle opérationnel. Après avoir quitté la direction en 2000 puis la présidence du conseil en 2014, Gates a tourné la page en 2020 en se retirant du board. Son énergie est désormais consacrée à la Bill & Melinda Gates Foundation ainsi qu’à divers projets liés à la santé, au climat et à l’innovation.
Conclusion : un tandem qui a changé la donne
Alors, qui a cofondé Microsoft ? Deux noms indissociables : Bill Gates, l’infatigable stratège, et Paul Allen, le visionnaire technique. Leur alliance a redéfini la place du logiciel, façonné la culture des entreprises technologiques et, plus tard, irrigué la philanthropie mondiale. À celles et ceux qui rêvent de créer le prochain standard, leur parcours rappelle qu’il faut à la fois sentir la vague… et construire la planche capable de la dompter.
Questions fréquentes sur les cofondateurs de Microsoft
Qui sont les cofondateurs de Microsoft ?
Microsoft a été cofondé en 1975 par Bill Gates et Paul Allen. Gates était le stratège et négociateur, tandis qu’Allen apportait son expertise technique et son flair pour les opportunités.
Quelle est la cause de la mort de Paul Allen ?
Paul Allen est décédé le 15 octobre 2018 des suites d’un lymphome non hodgkinien, une forme de cancer qu’il avait déjà combattu auparavant.
Comment Microsoft a-t-il été créé ?
Microsoft a été fondé après que Paul Allen et Bill Gates ont développé un BASIC pour l’ordinateur Altair 8800 en 1975. Leur premier contrat avec MITS a marqué le début de l’entreprise.
Pourquoi Bill Gates et Paul Allen étaient-ils complémentaires ?
Bill Gates était un visionnaire stratégique axé sur le business et le produit, tandis que Paul Allen apportait une expertise technique et un flair pour les opportunités. Leur complémentarité a permis à Microsoft de prospérer.
Comment Steve Ballmer est-il devenu riche ?
Steve Ballmer est devenu riche grâce à son rôle clé chez Microsoft, où il a été PDG de 2000 à 2014. Ses actions dans l’entreprise, acquises dès ses débuts, ont fortement augmenté en valeur.